Septembre (o2 / o9).
____Bientôt une demi-heure qu'ils sont là à se regarder, à tourner en rond, à ne pas savoir quoi faire, à avoir l'impression que le temps ne passe pas. Une première et très longue demi heure, beaucoup trop pour eux qui ne savent rien, qui ne voient rien, qui ne sont au courant de rien et qui doivent juste se contenter d'attendre, aussi calmement que possible...
____La même demi-heure qui passe beaucoup trop vite pour elle. Elle qui aimerait juste qu'on lui foute la paix, qui aimerait respirer tranquillement, qui aimerait que son coeur arrête de se déchirer, et surtout qui aimerait ne plus sentir cette douleur devenue insupportable.
Et pourtant ce n'est que le début...
Le début d'une longue attente & d'une longue souffrance __
____Une demi-heure, c'est le temps qu'il aura fallu pour installer Léa vraiment mal en point. C'est aussi le temps pour que chaque médecin se prépare et soit prêt à agir en cas de problème. C'est le temps que passe cet homme, qui a opéré la brune, à parler avec le guitariste pour le rassurer du mieux qu'il peut, mais aussi le prévenir des possibles complications. Et dans l'état de la jeune fille, elles sont nombreuses...
____Léa revient doucement à elle, se remettant de tout ce que son médecin vient de lui donner pour la stabiliser. Ses contractions, qu'il a voulu repousser le plus possible, reviennent à la charge, et pas qu'un peu. A croire que le bébé se défoule de ces quelques minutes de calme. A peine un premier cri de la brune que Tom arrive pour se laisser écraser la main, et elle ne tarde pas à lui faire ce plaisir. Tout le monde est prêt, tout le monde n'attend plus qu'elle qui ne cesse de murmurer qu'elle ne peut pas.
Sauf que capable ou non, à la prochaine contraction elle devra faire ce qu'on lui dit.
____Les secondes sont presque comptées, ces trois minutes passent beaucoup trop vite et cette femme lui demandant de respirer la stresse plus qu'autre chose. Une respiration que Léa tente de caler sur celle de Tom dont elle ne lâche pas le regard. Un regard par lequel tout passe, autant d'encouragement que d'amour et de force. Et ça tombe bien, sa force elle en a besoin, vraiment.
____Maintenant __
____Maintenant que ce simple mot, lui ordonnant de pousser, sort de la bouche de la sage-femme en même temps qu'il la détache des yeux du guitariste. Léa retient ses hurlements autant qu'elle peut et s'en mord la lèvre jusqu'au sang. Le visage crispé, un bras perfusé, la main agrippée au matelas, une autre main détruisant littéralement celle du musicien qui sent ses doigts s'encastrer les uns dans les autres sous la pression de la brune... Elle souffre, elle n'en peut plus, elle sent son c½ur exploser même si son médecin se charge de le garder plus ou moins stable pendant qu'elle essaye désespérément de donner vie à son fils. Une pause ordonnée par ce médecin qui s'inquiète vraiment. Une pause que la sage-femme hésite à autoriser. Des mots crier plus fort les uns que les autres, deux docteurs en désaccord sur la façon de procéder, une perte de temps considérable pendant qu'une jeune fille se voit mourir dans cette salle d'accouchement.
________- Putain mais calmez-vous merde ! S'énerve le dreadeux.
________- Tom ! Réplique le médecin qui le fusille du regard.
________- Quoi Tom ?! Laissez mon fils sortir de là, et foutez la paix à Léa ! Crie le jeune homme en regardant la ________- brune.
________- On doit arrêter. Annonce l'homme.
________- Vous gueulez depuis deux minutes, vous l'avez eu votre pause. Maintenant calmez-vous !
________- Tom... Souffle la jeune fille.
________- Vous voyez pas qu'elle va pas bien là ! Continue Tom.
________- Justement elle va pas bien on d-
________- Vos gueules putain. Vos gueules... Murmure Léa à ces deux hommes qui l'entourent.
____Des mots terminés dans un sanglot suivis du prénom du guitariste murmuré très faiblement en s'agrippant à lui. Les entendre s'engueuler ne l'aide pas du tout. Alors sans vraiment savoir d'où lui vient cette force, elle se tourne vers son médecin pour lui assurer qu'elle va bien. C'est faux. Tout le monde sait bien qu'elle n'en peut plus, mais peu importe ce qui se passera, elle veut donner naissance à son fils, le reste elle s'en fout royalement pour l'instant.
____Le calme revient doucement, Léa respire tranquillement avant qu'une autre contraction la force à pousser. Encore & toujours. Son cerveau ne répond plus de rien, son c½ur fait des bonds impressionnants, mais tant pis, elle reste concentrée sur ce qu'elle a à faire, sur son fils.
Juste son fils ___
Son fils qu'elle entend enfin ___
____Ses yeux s'illuminent d'un coup, sa tête retombe contre le matelas, sa respiration se calme, ses muscles se détendent tous et sa main lâche doucement celle de Tom qui s'éloigne. Elle ne comprend rien, elle est au bord du malaise, ses yeux se brouillent, elle ne voit quasiment plus rien et entend vaguement des cris et quelques mots, mais peu importe.
________________Quelques secondes. _______________Seulement quelques secondes.
____Des secondes durant lesquelles elle a plus ou moins retrouvé son souffle, elle s'est remise de ce malaise la menaçant, elle est revenue à elle, elle les a vu tous les deux, le père coupant le cordon du fils, elle s'est senti vivre, vraiment.
____Des secondes durant lesquelles il a relâché tout ce souffle retenu depuis le début, il a écarquillé les yeux en voyant cet être dans les mains de cette femme, en s'approchant et en coupant ce cordon le reliant à sa mère, il a sourit comme un abruti, mais un abruti tellement heureux.
____Des secondes passées tellement vite, peut-être trop. Les cris de cet enfant s'éloignent jusqu'à ne plus les entendre et les larmes de Léa coulent de plus belle. Elle doit rester là et finir ce qu'elle a commencé, mais un dernier regard pour Tom, un dernier sourire qu'elle a du mal à étirer, un dernier baiser qu'il ose à peine déposer sur le bout de ses lèvres et elle lui demande de le rejoindre, de suivre leur fils. Sauf qu'il hésite un moment, elle a certainement plus besoin de lui, mais nan, il connaît ce regard, il sait qu'il doit y aller, alors il y va, mais se tourne tout de même une dernière fois vers Léa qui est vite prise en charge par les médecins.
[ ... ]
Plus d'une heure est passée.
____Plus d'une heure qu'ils rongent leurs ongles, qu'ils marchent à en user le sol, qu'ils ne parlent pas, qu'ils se demandent seulement si c'est normal que ce soit aussi long. Une heure pendant laquelle la mère et le beau-père des jumeaux sont arrivés, tout comme David qui s'est empressé de les rejoindre. Pas vraiment besoin de quelqu'un d'autre. Bill a déjà eu du mal a appelé ces trois personnes alors pas la peine de lui en demander plus.
____Ils sont tous assis là, les parents chacun sur une chaise, Alix et Georg leurs mains serrées l'une dans l'autre, assis à même le sol, tous les deux les jambes repliées contre eux, la tête de la brune sur l'épaule du bassiste qui lui, tape la sienne contre le mur. Gustav n'arrêtent pas de se lever et s'asseoir, il ne tient plus en place, il ne sait plus comment se mettre, il reste dix secondes sur une chaise et marche deux minutes avant de sentir ses jambes faiblir. David est juste devant la porte, les yeux perdus devant lui, l'épaule appuyée contre le ciment, il est certainement le plus calme, en tout cas en apparence. Bill. Bill n'en peut plus. Tout simplement. Il était assis, puis sa jambe tremblante l'énervait alors il s'est levé, mais il s'est senti mal, alors il est allé dehors. Seulement, dehors, il avait peur de rater quelque chose, alors il rentré et depuis, il fait les cent pas. Des allers-retours assez rapides au début, de plus en plus long maintenant. Il ne cesse de bouger, il trace des lignes en marchant, parfois des cercles, quelques fois rien du tout. Ses mains s'enfoncent dans ses poches, tombent le long de son corps, passent sur son visage, s'emmêlent ou viennent derrière sa tête, ses bras se croisent et se décroisent. Et même les demandes de sa mère ne le calme pas. Il ne peut pas. Il ne peut pas temps qu'il ne sait rien.
____Tous envie de casser cette immense horloge accrochée au mur en face d'eux. Ils ont beau regarder l'heure sur tous les appareils possibles, elle ne change pas, elle est la même partout, et surtout, elle n'avance pas. La nuit est tombée depuis longtemps, juste après que Léa soit admise ici, sauf que maintenant il fait quasiment noir dehors, et toujours rien.
____Toujours rien jusqu'à ce que Bill se stoppe d'un coup dans sa marche. Alix, qui ne l'a pas lâché des yeux, ne tarde pas à se lever en regardant Georg qui l'imite. C'est un par un qu'ils arrivent derrière le chanteur. Un chanteur qui ne bouge plus, le regard fixé au fond de ce couloir.
Soulagement. ___ Sourire. ___ Bonheur.
____Son frère est là, d'autres larmes déferlants son visage déjà humide. Un visage humide contrastant avec des yeux tellement brillants. Tom ne peut s'empêcher d'étirer son sourire quand il les voit là, tous, tous mais surtout lui. Surtout son frère qu'il s'empresse de serrer dans ses bras dès qu'il est assez près. Une étreinte qui dure, une étreinte où il met presque toute sa force, en tout cas tout son amour. Et là, il déborde d'amour. Quelques mains passent dans son dos, les lèvres d'une mère heureuse se déposent sur son épaule, les murmures d'un beau-père aux anges se glissent à son oreille, la main d'une Alix en larme caresse sa joue. Juste quelques secondes à s'effondrer dans les bras de son double et Tom se reprend enfin. Il se défait doucement de ses bras pour planter son regard dans celui de son homologue. Les mots ne sortent pas. Il aimerait. Il aimerait tout leur dire, tout leur raconter, les moindres détails, tout. Leur décrire la perfection de son fils et le courage de Léa, mais rien ne vient, sa voix ne sort pas. Il apporte plusieurs fois sa main à son visage, tant pour essuyer ses larmes que pour tenter de réaliser ce qui lui arrive. Bill passe son bras dans le dos de son frère et l'emmène s'asseoir un moment. Ils l'entourent tous, ils attendent, ils veulent juste l'entendre avant de laisser réellement leur joie les envahir.
________- Ça va ? S'inquiète Bill.
________- Je... Putain oué.
________- Alors arrête de faire pleurer ta vieille mère. Sourit Simone.
________- Ah nan hein. Nan mais nan vous pleurez pas. Dit-il en levant la tête. Je... J'sais même pourquoi je... ________- C'est...
________- C'est normal. Et on pleure si on veut. Dit doucement Georg en souriant.
________- Ils vont bien ? Demande Gustav.
________- Oué... Sûrement je... Il est parfait et... Et elle aussi. Bafouille le dreadeux avant de marquer une pause. ________- Elle aussi elle est parfaite... et j-
________- Retournes-y. Le coupe Bill. Et dépêches-toi de revenir nous chercher après hein.
________- Oué. Je... Oué. J'y vais. Sourit le dreadeux en se levant. Et... euh... Nan, j'sais pas. J'sais pas... J'suis ________- papa. Termine le jeune homme en s'éloignant.
____Des mots qui le font planer, et qui lui font réaliser. Des mots qui le font pleurer, et qui lui font peur. Il ne sait pas. Il ne sait plus. Mais il s'en fout. Il repart dans ce couloir en regardant derrière lui, laissant les autres soulagés mais presque tous en larmes, puis le guitariste court quasiment jusqu'à la salle d'accouchement où Léa est encore enfermée.
____Tom pousse doucement la porte. Il jette un coup d'½il autour de lui mais apparemment tout le monde a déserté. Tant pis, le dreadeux approche lentement du lit où la brune est encore allongée et vient caresser ses cheveux en embrassant son front. Elle ne réagit pas, il murmure son prénom en attrapant sa main mais panique légèrement quand elle ne bouge toujours pas. Le prénom de la chanteuse résonne un peu plus fort et elle fronce les sourcils avant de tourner la tête vers le jeune homme.
________- Tu m'as fais peur toi.
________- Pardon... Souffle doucement Léa.
________- Ça va ? Murmure le dreadeux sans cesser de la fixer.
________- Hum... Il m'a drogué l'autre...
________- Ah -___-'
________- T'es pas... il-
________- Calme-toi. Ça va... Tout va bien. Sourit Tom en caressant son front.
________- Pourquoi t'es-
________- Léa reposes-toi. Dit-il doucement en embrassant sa main. J'étais avec lui, il a juste eu un peu de mal ________- à... démarrer -__-' Mais ça va. Il va bien, elles s'occupent de lui.
________- Hum... Mais ça va hein ? S'inquiète Léa.
________- Déjà une mère chiante toi. Mais oui ça va. Très bien. Sourit le jeune homme. J'suis allé voir les ________- autres aussi, j'les ai fait pleurer un peu et voilà. C'est fini maintenant. J'te promets qu'on te fout ________- la paix. Termine-t-il dans un énième sourire qu'il veut rassurant.
________- Il... il est b-
________- Parfait. Reprend Tom. Oué... il est parfait, alors arrête de parler.
________- ...
________- ...
________- Je t'aime. Souffle la brune avec le peu de force qui l'anime.
________- Et moi alors... T'imagines même pas à quel point j'peux t'aimer là.
____Tom sourit et s'apprête à embrasser une nouvelle fois le front de la jeune fille qui lève la tête au même moment. Leurs lèvres se scellent quelques secondes. __ Ça oui, ils s'aiment, et certainement cent fois plus qu'hier. __ Le guitariste éloigne lentement sa bouche de celle de la brune mais ils restent près l'un de l'autre. Très près. Leurs nez se touchent, sa main caresse sa joue, ses yeux ne cesse d'admirer les siens. Il l'admire. Vraiment, ce soir, il l'admire pour ce qu'elle vient de faire. Et il est fier. Il est déjà rempli de fierté naturellement, mais ce soir, il est sûrement l'homme et le père le plus fier.
[ ... ]
Encore une heure passe.
____Une heure où elle reste là, à se reposer, à laisser faire ses médecins, à pleurer en repensant à tout ça. Une heure qu'il a passé quasiment entièrement près d'elle, puis il est allé voir son fils, enfin calmé dans sa couveuse, il a simplement pris une photo avec son téléphone et est retourné vers les autres pour envoyer ce cliché de sa progéniture à ceux qui n'ont pas pu venir, y compris Thomas. Bill ne l'a pas appelé, ne sachant pas vraiment s'il devait le faire, et ce message suffira. Si Léa veut lui parler elle le fera, en attendant Tom se fait juste un plaisir de prévenir tout le monde.
____Le guitariste reste un moment avec les autres. Un moment où il décompresse vraiment, où il plane un peu plus, où il peut tout leur raconter. Ils sont enfin tranquilles, plus personne n'est dehors, ils peuvent prendre l'air, tous assis là, en plein milieu de l'herbe, les yeux dans les étoiles, bien que ceux de Tom soient beaucoup plus brillants que ça.
________- Euh, question. On s'est pas un peu fait avoir là ? Se soucie Bill.
________- De ?
________- On pourra pas les voir. Grimace le brun.
________- Ah. J'avoue j'sais pas. Hésite son frère.
________- Il est sûrement trop tard. On viendra demain, et de toute façon elle doit se reposer. Répond la ________- mère des jumeaux.
________- Ah oué mais moi j'veux v-
________- Bill. Coupe Simone.
________- Nul. Boude le chanteur.
________- Viens. Dit Tom en se levant.
________- Tom. Soupire sa mère.
________- Deux minutes. Assure le dreadeux en regardant son frère.
________- Cool. Sourit Bill en le rejoignant.
________- Y'a pas de favoritisme déjà hein. Se plaint Gustav.
________- Si. Là, j'avoue y'en a. Sourit Tom. Nan mais franchement si j'pouvais tous vous emmen-
________- Nan mais j'rigole. Coupe le blond en souriant au jeune père.
________- Même. De tout façon j'sais pas si on pourra rentrer.
________- Je m'en fous j'dis que j'suis le père, on s'est trompé. Sourit le brun.
________- Oué mais là tu peux crever la bouche ouverte p'tit frère.
____Le dreadeux sourit devant l'air consterné de son double. Ils se lèvent ensemble, laissant les autres dehors et entrent dans l'hôpital. Les couloirs sont beaucoup plus vides, et ils atteignent rapidement la salle où Léa est encore enfermée. Un regard échangé et Tom pousse doucement la porte. Elle est toujours allongée là, son médecin près d'elle qui vérifie encore & encore les battements de son c½ur pourtant calmé. Le guitariste sourit timidement puis fait signe qu'il repassera bientôt. Il fait demi-tour et retrouve son frère qui observe partout autour de lui. L'aîné sourit et attrape le bras de son cadet pour l'emmener un peu plus loin. Plusieurs nouveaux-nés sont là, plusieurs prématurés, chacun dans sa couveuse. Tous là, mais pourtant il ne voit que le sien, que son fils, et il n'a pas besoin de chercher ou de regarder autour de lui pour savoir où il est.
____Les jumeaux s'arrêtent près de ce bébé bien plus gros que tous ceux nés trop tôt. Juste un regard échangé entre Tom et Bill et tous les deux reposent les yeux sur ce petit garçon. Le même sourire du guitariste revient, celui d'un père comblé. Son double ne tarde pas à arquer lui aussi ses lèvres, un tonton aux anges. Ils restent quelques minutes là, en silence, simplement les yeux sur lui puis les deux frères sortent de la pièce pour retrouver les autres dehors. Sauf que sur le chemin, Bill ne cesse de se demander pourquoi Léa reste autant de temps là-bas et pourquoi le petit est encore là-dedans alors qu'il a l'air d'aller bien. Le dreadeux voit bien les interrogations de son frère et se stoppe en plein milieu du couloir.
________- Euh ? Tu fais quoi ? S'étonne Bill.
________- Arrête de t'inquiéter, déjà j'essaye de rester calme alors aide-moi.
________- Mais je... Oué... Bafouille-t-il. Désolé, mais j'sais pas c'est bizarre nan ?
________- C'est normal qu'il soit là-dedans, il est né trop tôt, ils veulent le garder un peu même s'il fait tout ________- juste ses deux kilos... Ils le laissent cette nuit, et à six heures ils le ramènent.
________- Pourquoi six ?
________- Parce que la première nuit ils le gardent... Et apparemment une nuit chez eux ça fini à six ________- heures. Soupire Tom.
________- Tu vas t'amuser. Sourit son frère.
________- Cool.
________- Et Léa ?
________- ...
________- Tom ? Insiste Bill en cherchant le regard du dreadeux.
________- J'sais pas. Il a pas envie de la lâcher. Pourtant elle... J'sais pas elle est fatiguée mais c'est ________- normal... J'crois... Je... J'sais pas. Bafouille Tom.
________- Oué. Elle l'a pas vu ?
________- Nan... Un peu tout à l'heure mais-
________- Oué, elle l'a pas vu quoi. Coupe Bill.
________- Nan... Souffle le guitariste.
________- T'es sûr que ça va aller ?
________- J'crois.
________- Va la voir. On va y aller nous de toute façon.
________- Oué. Ok. Souffle l'aîné.
________- A demain.
________- Oué et ramène à manger et des affaires s'te plait.
________- Ok. Bonne nuit papa. Sourit Bill, rempli de fierté pour son frère.
________- Oué, bonne nuit abruti.
____Les deux frères se séparent. L'un part vers la sortie du bâtiment et retrouve tout le monde avant de repartir. Georg a toujours les clés de la voiture de Tom, et les parents sont invités à essayer le lit de leur fils, alors ils prennent tous le même chemin jusqu'à l'appartement. Un appartement toujours aussi dégueulasse, mais il est prévu qu'ils le nettoient... un jour. Un jour avant qu'elle rentre en tout cas. En arrivant, les quatre jeunes ne peuvent s'empêcher de sourire, même si la mère des jumeaux s'apprête à hurler. Après tout, c'est certainement un peu grâce à ce bordel que Léa a accouché ce soir. Sa dispute avec Tom a sûrement forcé un peu les choses, et tant mieux, ils n'en sont que plus heureux... Pour une fois qu'une de leur dispute est réellement utile.
____Une dispute bien oubliée d'ailleurs. Alors que son frère s'éloigne, le guitariste fait demi-tour. Il passe à nouveau devant cette pièce où son fils est endormi et sourit déjà. Il allait entrer retrouver Léa, mais il attend quelques secondes.
Quelques secondes, seul.
____Seul à réfléchir, à repenser à tout ça, à réaliser. Surtout à réaliser qu'il était là, qu'il est là, qu'il n'a pas raté la naissance de son fils comme prévu, qu'il l'a vu, qu'il a coupé son cordon, qu'il a vu le sourire de
Léa, mais aussi sa souffrance... Alors pour s'assurer qu'elle va mieux et qu'elle ira bien, il inspire une dernière fois et pousse la porte. Il entre enfin en espérant retrouver ce sourire dont il a tant besoin.
Son sourire, à elle ______
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" Mon plus beau cadeau d'anniversaire est arrivé 1o minutes après ma naissance. "
Tom Kaulitz